© 1984 Lou Gaiardet  © 2006 Simiane-Collongue Aujourd'hui pour demain

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Sainte Lioba
Communauté bénédictine de Simiane

Le monastère des frères

Combien de nos concitoyens, notamment parmi les plus récemment implantés à Simiane, savent qu'il existe sur notre commune un monastère bénédictin? Deux monastères, devrions-nous dire, l'un pour les sœurs, l'autre pour les frères. C'est la communauté bénédictine de Sainte-Lioba, installée ici depuis 1966.

Pourquoi avoir choisi Simiane-Collongue, plus précisément Saint-Germain, pour cette installation? Comment vit cette communauté? Voici quelques éléments de réponse qu'ont bien voulu nous donner sœur Eloie, supérieure de la congrégation de Sainte-Lioba, sœur Mauly, responsable de la communauté des sœurs de Saint-Germain, frère Muban, responsable des frères.

L'adaptation

Quand on visite les Bancaous de Saint-Germain, on est frappé par l'intégration harmonieuse des divers bâtiments dans le site, tels que les anciens savaient les construire et les disposer dans la nature. A la chapelle, répond, par-delà la route, le monastère des frères, de style provençal tout comme les autres constructions noyées dans la végétation presque luxuriante qui escalade la colline.

Pourtant, pour l'essentiel, la forêt a été plantée au moment de la naissance des Bancaous. Sauf exception d'ailleurs, il s'agit d'espèces tout à fait locales, qui ont pris un essor extraordinaire. Et pour accéder aux monastères, on traverse des espaces cultivés entre des haies de cyprès : lavande, tomates, betteraves, salades, melons, vigne, vergers...

Ce n'est qu'à une date récente, en 1966, qu'arrivent les premières sœurs de Sainte-Lioba et quelques frères, sous la conduite de la mère Hildegarde Michaelis, fondatrice du nouveau monastère.

D'où viennent-ils?

La congrégation est originaire de Hollande. Elle tire son nom de sainte Lioba , nièce de saint Boniface qui évangélisa les pays du Nord de l'Europe. Elle suit la règle de saint Benoît qui prescrit, outre la prière, la lecture, la méditation et le travail manuel.

Chapelle de Saint-Germain

La communauté se développant et souhaitant s'installer en France, le choix du lieu se porte sur Simiane-Collongue parce qu'il s'y trouve déjà, à Saint-Germain, une chapelle, datant du Xe siècle, désaffectée.

C'est là que les religieux vont se rassembler plusieurs fois par jour pour prier tout en procédant à la restauration du bâtiment. Celle-ci demande un an et bénéficie de l'aide de plusieurs Simianais, notamment de M. Arnaud, auquel on doit la remise en état des voûtes.

Dans le domaine acquis par l'association créée pour l'implantation de la communauté, Les Bancaous de Saint-Germain, les deux monastères et diverses constructions : ateliers, cuisine, réfectoire... sortent de terre.

Vie communautaire

Conformément à la règle de saint Benoît, la prière et le silence balisent la vie de la communauté. Dès le matin, à 7 heures, quand sonnent vigiles, « elle se rassemble pour offrir les premières heures du jour et rappeler son appartenance à Dieu. » Après les psaumes et les lectures de l'office, les religieux » se retirent dans le silence de la méditation et la "lectio divina" qui confiera la Parole de Dieu à leur cœur. Par ce contact intime avec ce que Dieu leur donne de lui-même "sa Parole", les sœurs et les frères porteront la présence du Christ en tout lieu, en toute rencontre et activité du jour. »

La communauté se répartit alors les différentes activités, notamment à la cuisine et aux ateliers. On tisse à Saint-Germain (c'est ici qu'a été réparée et complétée la bannière de saint Eloi), on crée des poteries, des vitraux et même des statues qu'on découvre au détour d'un chemin, émergeant de la verdure. Les sœurs et les frères « mettent ensemble toutes leurs capacités et essaient de développer les talents que Dieu leur a donnés en vue de la beauté de la liturgie. »

Ce travail communautaire est repris dans l'après-midi et il s'y ajoute le jardinage pour lequel M. Roux, un Simianais, apporte une aide plus que précieuse. L'étude, la lecture, les offices ponctuent à nouveau la journée.

L'ouverture

Les bénédictins de Saint-Germain comptent une vingtaine de personnes dont une sœur simianaise, un frère marseillais et quelques autres de nos compatriotes.

Cependant, la majeure partie viennent des Pays-Bas, ce qui explique que, grâce à la communauté, Mgr Willebrands, cardinal de Hollande, ait séjourné à Simiane au mois d'août. *

Le monastère des soeurs

La discrétion constitue l'une des vertus des bénédictins : on l'a dit, la règle de saint Benoît impose la lecture, la méditation, le travail manuel. Cela ne veut pas dire qu'il s'agit d'un monde fermé, au contraire. Les Simianais catholiques savent, par exemple, qu'ils peuvent se joindre aux bénédictins pour les différents offices donnés à la chapelle au long de la journée (vigiles, à 7 h ; laudes et messe, à 9 h 30 ; vèpres, à 18 h) et, spécialement, le dimanche (laudes et messe, à 9 h 30 ; adoration du saint Sacrement, à 20 h 30). De même, une procession a lieu le 2 février, pour la présentation de l'enfant Jésus, et pour les Rameaux.

La communauté a participé très activement à la célébration de la Saint Germain, à laquelle s'est joint l'abbé Derdeen, curé de l' église Saint-Pierre. Enfin, elle accueille volontiers des jeunes gens qui souhaitent effectuer une retraite. Egalement, l'Action catholique y tient régulièrement des réunions, organise des retraites privées.

Par son propre rayonnement, l'établissement contribuera chaque jour davantage, n'en doutons pas, à celui de Simiane-Collongue.

La recherche historique montre que plusieurs centres de vie religieuse existaient, au Moyen Age, sur le territoire actuel de la commune. Au seul qui subsistait alors, l'église Saint-Pierre, s'est ajouté, voilà près de deux décennies, le double monastère des bénédictins de Saint-Germain.

André Segui

(Les dessins émanent de la communauté bénédictine.)

Extrait de Lou Gaïardet, revue municipale d'information n° 8 (Juillet - Août 1984)

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* Parmi les personnalités qui viennent au monastère, on citera notamment Mgr Jean-Marie Lustiger.

 

 


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