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Denis Oléon
L'homme qui parlait aux arbres;

A 86 ans, Denis Oléon vient de nous quitter après quelques mois difficiles au cours desquels nous ne l'avons plus vu arpenter son village qu'il aimait tant. Ses obsèques ont eu lieu le 19 octobre. Comme de nombreux Simianais, les responsables de l'association ont assisté à la cérémonie, à l'église Saint-Pierre

Simiane vient de perdre un de ses enfants aux facettes multiples, aux connaissances étendues, au verbe et à la plume facile, ou dérangeante lorsqu'il le fallait.

Si Hélène son épouse, avec qui nous sommes de tout cœur dans cette épreuve, a éduqué et instruit plusieurs générations de Simianais, Denis, lui, s'était consacré aux techniques modernes de culture pour petites exploitations.

Souvent seul mais tenace

" Bio " avant la lettre, il se disait paysan arboriculteur et fier de l'être. " Ecolo " de conviction bien que le mot n'existât pas encore à l'époque où il s'est battu comme un diable pour la protection de ses arbres et donc des nôtres, souvent bien seul mais toujours tenace.

Comme don Quichotte, il s'attaqua aux moulins qu'étaient les pollueurs qui nous entourent, raffineries et pluies acides qu'elles généraient, contre Lafarge, Péchiney, la centrale thermique, et leurs fumées nocives.

Il avait la recette miracle

Il fut l'un de ceux qui furent à l'origine de l'obligation faite à ces industries de modifier et d'améliorer les systèmes de filtration de leurs émanations et nous lui en sommes reconnaissants.

Quel cultivateur de Simiane et des environs n'est pas venu chercher auprès de Denis la recette miracle pour traiter les pucerons, les chenilles, la cloque, le mildiou et l'oïdium, les combinaisons de cuivre, permanganate, soufre n'ayant plus de secret pour lui ou bien encore, pour greffer un cerisier, un abricotier, un pommier, dont il pouvait vous parler pendant des heures, ainsi que des plantations en lune montante ou descendante etc., etc.

Il fut également le chroniqueur de son temps, de son village, de son métier, auxquels il consacra de nombreux articles qui parurent entre autres dans le premier Gaiardet, dans les années 1980.

Par un beau dimanche aux riches couleurs de l'automne, Denis est parti pour un repos bien mérité dans les superbes vergers de l'Eden promis aux sages, au milieu des arbres qu'il a tant aimés.

«J'y referai pour vous le Jardin que cherchent les hommes » *

 

* Henri Bosco, Le jardin d'Hyacinthe 1946 (éd. Gallimard).

 

André Beaumond


 

Lisez ces récits de Denis Oléon
La Fontaine des vaches
L'anchois, la côtelette et l'honneur républicain
et celui qu'il avait consacré, à
Roger Guigon, en 1984.

 


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