La généalogie s'adresse de plus en plus aux amateurs curieux de connaître leurs ancêtres.

Important : la rigueur


 

Aux archives, suivant par les actes, dans un village, une famille année après année, avec les naissances à répétition, les mariages, le consentement des parents, les décès, les âges et les métiers respectifs, les témoins et parrains, les relations entre familles, on ne peut s'empêcher de penser aux joies, aux peines, aux soucis éprouvés, on ne peut ne pas voir ce village s'animer quelque peu...

Une petite idée...

Des expressions peuvent paraître aujourd'hui bizarres. Mais, il ne faut pas juger depuis notre époque, ce serait prétentieux, injuste et indécent. Que dira-t-on de nous dans deux cents ans ?

Cependant, des citations prélevées dans des actes du XVIIIe siècle, peuvent contribuer à se faire une petite idée de la vie, de certaines relations sociales. Quelques exemples :

- ...est comparu à mon domicile, à défaut de maison commune...

- ...est accouchée d'un enfant femelle... (ou mâle)

- ...à 80 ans, il était pauvre, mendiant son pain...

- ...est décédé, prévenu d'une mort subite...

- ...inhumée au cimetière derrière le clocher,

- ...a été ondoyée (1) par la matrone à cause de crainte de sa mort...

- ...laquelle revenant en enfance de-puis quelque temps, fut surprise d'une catarrhe qui lui ôta l'usage de la parole. Néanmoins, donnant des signes de repentir...

- ...demoiselle X, veuve de...

- ...dans la nuitée est décédé par un accident fortuit et imprévu et a été trouvé mort dans un puits en étant privé de tout secours...

- ...est décédé un mendiant qui a déclaré être originaire de Remiremont, âgé d'environ 65 ans. Muni de l'absolution et extrême onction, ayant été prévenu d'une léthargie, son corps a été inhumé...

Etre très attentif

Dans le numéro précédent, rigueur et recoupements étaient recommandés dans les recherches. Pourquoi ?

- Il ne faut pas croire sans preuve avoir trouvé le chaînon manquant : dans une même famille, autrefois, les mêmes prénoms se retrouvaient très fréquemment : de mère en fille, de père en fils, plusieurs cousins ou cousines possédaient le même ; en outre, après le décès d'un enfant, le même prénom était donné à un autre,

- au fil du temps et des alliances, les familles étaient éparpillées dans des villages proches, comportant chacun très peu d'habitants,

- plusieurs villages pouvaient dépendre d'une même paroisse et des homonymes se retrouver.

Sur d'autres plans aussi, il faut recouper les informations recueillies. Exemples :

- ne pas se fier aveuglément aux éléments relevés. Les actes eux-mêmes comportent parfois des erreurs de date (souvent l'âge déclaré est " d'environ de " ce qui ne facilite pas les recherches), des prénoms manquent, d'autres peuvent induire en erreur (certaines personnes sont citées avec un seul ou deux prénoms, selon les actes),

- des livres de " familles des villages ", sur Geneanet notamment, comportent des erreurs si l'on compare les informations publiées avec les actes authentiques.

Un même patronyme est orthographié très diversement : trouvé par exemple, pour une même famille, Raibois, Rayebois, Raybois, Rieubois, Rebois, Reibois, Reibois du Bois...

Oui, soyez attentifs !

André Segui

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(1) Baptême simplifié.

 


Histoire de calendriers

Aux archives nationales, départementales ou communales, en remontant à la Révolution, vous aurez accès à des actes d'état civil datés selon le calendrier républicain.

C'est le cas à partir du 22 septembre et, surtout, après le 31 décembre 1792.

Vous pourrez trouver que votre arrière arrière arrière grand-père est né le 5 fructidor an IX. Sachant que le calendrier républicain a cessé d'être en vigueur le 31 décembre 1805, sauf durant 15 jours, pendant la Commune de Paris, comment ferez-vous pour calculer l'âge de votre ancêtre en 1812, par exemple ? Vous trouverez facilement des tables de conversion, comme dans le Larousse. Mais, plus simple encore, si vous êtes connecté à Internet, allez à cette adresse :

http://pagesperso-orange.fr/pierre.collenot/Issards_fr/outils/calrepub.htm

Vous cliquez par exemple sur le 5, puis sur fructidor, enfin sur IX. La date grégorienne s'affiche instantanément.

 

 

Tout vient de l'ordonnance

 

 

C'est l'ordonnance de Villers-Cotterêts signée en 1539 par François Ier qui a rendu obligatoire la tenue des registres de baptême et imposé le français comme langue officielle dans tous les documents publics (administration, droit...) à la place du latin et de certaines langues régionales.

Un des deux parchemins originaux de cette Ordonnance générale sur le fait de la justice, police et finances se trouve aux Archives départementales des Bouches-du-Rhône, à Aix-en-Provence.

 

Juin 2009