Saint-Germain
Une chapelle à protéger
(2e trim. 2005, Bul.) La
chapelle date, on le sait, du XIe siècle. Certes, ce
n'est pas la cathédrale de Chartres, mais nous tenons à conserver en bon état ce lieu où les ancêtres de beaucoup de
Simianais de vieille souche venaient se recueillir. Il y avait même un cimetière, tout autour. Il reste aussi une
partie du mur d'un bâtiment qui abritait les pélerins, autrefois.
Rappelons entre autres que s'y déroule, chaque année, en août, la
célébration de la saint Germain.
Or, à plusieurs reprises, le bâtiment, notamment le toit, a subi quelques actions de vandalisme.
Derrière la chapelle et ruines du bâtiment qui abritait les pélerins
On a volé la cloche !
La fête de la Saint-Germain
s'est déroulée cette année le dimanche 28 août dans une chapelle dont le toit a été réparé comme nous l'avaient
assuré les services techniques de la commune mais, silencieuse car sa
cloche s'est envolée.
Non pas vers Rome avec quelques mois d'avance sur son voyage habituel mais
VOLÉE au cours du mois de juillet, peut être par bêtise, une certaine faune d'adolescents de la commune ayant fait de
ce lieu tranquille et isolé son point de rassemblement et de jeux idiots comme, entre autres, de se promener sur les
toitures de la chapelle, ou, plus sûrement, par des spécialistes fournisseurs de brocanteurs peu regardants sur
l'origine des objets proposés.
Au début du XIXe s., vers 1810, la cloche d'origine avait déjà
été volée. Le marquis Jean Paul
de Tressemanes-Simiane avait alors fait don d'une nouvelle " campane " à la chapelle
qui se trouvait sur ses terres de Saint-Germain. C'est cette cloche qui a disparu le mois dernier ; si elle a pu
traverser pratiquement deux siècles sans déboires c'est parce que, échaudés par ce vol, les fermiers du marquis, la
fête de la Saint-Germain terminée, descendaient la campane de son clocheton. Jusqu'à la fête suivante, elle allait
sagement dormir dans les paillers de La
Ferme haute.
Cette pratique
s'est maintenue jusqu'à ces dernières années
et a cessé après la restauration complète de la chapelle.
N'ayant plus de marquis mécène, il faut espérer, que les assurances
Vol de la commune joueront et que nous entendrons de nouveau la voix de la chapelle se mêler à celles, en
face, de la communauté de Sainte-Lioba.
©
(Bulletin - Le Gaiardet, 3e trimestre 2005)
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A propos du vol de la cloche
Le Dr
Claude-Maurice
Siméoni, maire de Simiane de 1983 à 1989, a fait parvenir au bulletin de l'association, le 13 février,
la lettre ci-dessous, dont nous le remercions : elle apporte en effet d'utiles précisions sur cette question.
Monsieur le Directeur de la publication,
Dans le n° 3 du 3e trimestre 2005 de votre revue
Simiane-Collongue Aujourd'hui pour demain, vous avez publié un article concernant le vol de
la "campane du Marquis" de la chapelle de St-Germain.
Votre article relate des faits qui ont eu lieu il y a une trentaine
d'années environ. Aussi, je me permets de compléter votre information et de la réactualiser.
En effet, en 1983 ou 84, un moine de la
communauté de Ste Lioba est venu
me demander une subvention pour acheter une cloche pour la chapelle de St-Germain car la "campane du Marquis" avait
été volée. Les moines donneront la date exacte. Sachant l'importance de la cloche dans une communauté monastique,
je lui ai immédiatement répondu qu'il n'aurait pas de subvention mais qu'il aurait une cloche.
Je me suis adressé à mes frères de l'abbaye Ste Madeleine du Barroux qui
m'ont offert une cloche aux dimensions que j'ai immédiatement portée au monastère Ste Lioba.
C'est donc cette cloche qui a été volée. La "campane du Marquis" l'avait
déjà été depuis longtemps.
Etant discret par tempérament et habitué à la confidentialité par
profession, je n'ai donné aucune publicité à la chose.
C'est un moine de Ste Lioba qui l'a révélé à M.
Tropini, qui m'en a
demandé confirmation. Confirmation que je lui ai adressée après un entretien téléphonique en lui demandant de bien
vouloir publier dans le journal municipal et ce dans un but historique le vol de la dernière cloche de la chapelle
de St Germain.
Cette dernière cloche volée n'était pas celle du Marquis mais elle
appartenait au monastère Ste Lioba.
Cette cloche avait rythmé la vie spirituelle de deux monastères, ce qui
rend ce vol encore plus grave et plus odieux que celui de la "campane du Marquis".
Je me tiens à votre disposition pour tout renseignement complémentaire et
vous prie d'agréer, Monsieur le Directeur de la publication, mes salutations distinguées en attendant la publication de ce rectificatif dans votre journal.
Dr C.-M. Siméoni
NDLR. Le Barroux, entre Beaumes-de-Venise et Malaucène (Vaucluse).
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De son côté, dans une lettre au maire de Simiane, notre ami André
Beaumond donne de nouvelles
indications historiques. Il écrit notamment :
La cloche d'origine avait déjà été volée vers 1810 et remplacée par le
marquis de Tressemanés-Simiane qui avait demandé à ses métayers, mes aïeux, de garder cette nouvelle cloche toute
l'année dans les granges de la Ferme haute et de ne l'en sortir et de ne l'accrocher au clocheton de la chapelle qu'à
l'occasion des Fêtes carillonnées.
Ce geste de protection d'accrocher et de décrocher la cloche a perduré
dans ma famille jusqu'en 1988, si mes souvenirs sont bons, date à laquelle, la municipalité alors en place a autorisé
la communauté de Sainte-Lioba à utiliser la chapelle et ses attributs dans l'attente de la construction de son propre
lieu de culte ; c'est à partir de cette prise de possession des lieux et de la cloche que nous n'en avons plus
assuré la garde.
De l'enquête effectuée par M. Tropini, il ressort que cette cloche a été
également volée peu après et remplacée rapidement non pas par la municipalité mais par M. Siméoni personnellement et
cela dans la plus grande discrétion puisque personne n'a été mis au courant à l'époque de cet événement, même pas
nous qui avions veillé sur cette campane pendant près de deux siècles.
C'est donc en toute bonne foi que j'ai écrit que la cloche volée l'été
dernier était celle dont le marquis de Tressemanés avait fait don à Simiane. (...). Il est étonnant que l'on ne se
rende compte que maintenant de cette erreur car cet article est sorti à peu près dans la même forme dans le Contact
1995 de l'Association de défense des sites et des intérêts des familles des Hauts-quartiers et qu'il a été repris et
reproduit in extenso dans votre ouvrage sur Simiane-Collongue Emotions du temps passé et présent.
André Beaumond
©
(Bulletin - Le Gaiardet, 1er trimestre 2006)
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