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| Passé vivant
C'est l'âme de Simiane que nous voulons conserver. Dans cette rubrique, nous vous parlons des lieux, des gens, du patrimoine, avec des entretiens, des récits. Déroulez le passé... |
La communauté Combien de nos concitoyens, notamment parmi les plus récemment implantés à
Simiane, savent qu'il existe sur notre commune un monastère bénédictin? Deux monastères, devrions-nous dire, l'un pour
les sœurs, l'autre pour les frères. C'est la communauté bénédictine de
Sainte-Lioba, installée ici depuis 1966.
Pourquoi avoir choisi Simiane-Collongue, plus précisément
Saint-Germain,
pour cette installation? Comment vit cette communauté? Voici quelques éléments de réponse qu'ont bien voulu nous
donner sœur Eloie, supérieure de la congrégation de Sainte-Lioba, sœur Mauly, responsable de la communauté
des sœurs de Saint-Germain, frère Muban, responsable des frères.
L'adaptation Quand on visite les
Bancaous de Saint-Germain, on est frappé par
l'intégration harmonieuse des divers bâtiments dans le site, tels que les anciens savaient les construire et les
disposer dans la nature. A la chapelle, répond, par-delà la route, le monastère des frères, de style provençal tout
comme les autres constructions noyées dans la végétation presque luxuriante qui escalade la colline.
Pourtant, pour l'essentiel, la forêt a été plantée au moment de la
naissance des Bancaous. Sauf exception d'ailleurs, il s'agit d'espèces tout à fait locales, qui ont pris un
essor extraordinaire. Et pour accéder aux monastères, on traverse des espaces cultivés entre des haies de cyprès :
lavande, tomates, betteraves, salades, melons, vigne, vergers...
Ce n'est qu'à une date récente, en 1966, qu'arrivent les premières
sœurs de Sainte-Lioba et quelques frères, sous la conduite de la mère Hildegarde Michaelis, fondatrice du nouveau
monastère.
D'où viennent-ils?
La congrégation est originaire de Hollande. Elle tire son nom de sainte
Lioba, nièce de saint Boniface qui évangélisa les pays du Nord de l'Europe. Elle suit la règle de saint Benoît qui prescrit, outre la prière, la lecture, la méditation et le travail manuel.
La communauté se développant et souhaitant s'installer en France, le choix
du lieu se porte sur Simiane-Collongue parce qu'il s'y trouve déjà, à Saint-Germain, une chapelle, datant du
Xe siècle, désaffectée.
C'est là que les religieux vont se rassembler plusieurs fois par jour pour
prier tout en procédant à la restauration du bâtiment. Celle-ci demande un an et bénéficie de l'aide de plusieurs
Simianais, notamment de M.
Arnaud, auquel on doit la remise en état des voûtes.
Dans le domaine acquis par l'association créée pour l'implantation de la
communauté, Les Bancaous de Saint-Germain, les deux monastères et diverses constructions : ateliers, cuisine,
réfectoire... sortent de terre.
Vie communautaire Conformément à la règle de saint Benoît, la prière et le silence balisent
la vie de la communauté.
Dès le matin, à 7 heures, quand sonnent vigiles, « elle se rassemble pour offrir les premières heures du jour et
rappeler son appartenance à Dieu. »
Après les psaumes et les lectures de l'office, les religieux « se
retirent dans le silence de la méditation et la "lectio divina" qui confiera la Parole de Dieu à leur cœur. Par ce
contact intime avec ce que Dieu leur donne de lui-même "sa Parole", les sœurs et les frères porteront la présence du
Christ en tout lieu, en toute rencontre et activité du jour. »
La communauté se répartit alors les différentes activités,
notamment à la cuisine et aux ateliers. On tisse à Saint-Germain (c'est ici qu'a été réparée et complétée la bannière
de saint
Eloi), on crée des poteries, des vitraux et même des statues qu'on découvre au détour d'un chemin, émergeant
de la verdure. Les sœurs et les frères « mettent ensemble toutes leurs capacités et essaient de développer les
talents que Dieu leur a donnés en vue de la beauté de la liturgie. »
Ce travail communautaire est repris dans l'après-midi et il s'y ajoute le
jardinage pour lequel M.
Roux, un Simianais, apporte une aide plus que précieuse. L'étude, la lecture, les offices
ponctuent à nouveau la journée.
L'ouverture Les bénédictins de Saint-Germain comptent une vingtaine de personnes dont
une sœur simianaise, un frère marseillais et quelques autres de nos compatriotes.
Cependant, la majeure partie viennent des Pays-Bas, ce qui explique que,
grâce à la communauté, Mgr
Willebrands, cardinal de Hollande, ait séjourné à Simiane au mois d'août. *
La discrétion constitue l'une des vertus des bénédictins : on l'a dit, la
règle de saint Benoît impose la lecture, la méditation, le travail manuel. Cela ne veut pas dire qu'il s'agit d'un
monde fermé, au contraire. Les Simianais catholiques savent, par exemple, qu'ils peuvent se joindre aux bénédictins
pour les différents offices donnés à la chapelle au long de la journée (vigiles, à 7 h ; laudes et messe, à 9 h 30 ;
vèpres, à 18 h) et, spécialement, le dimanche (laudes et messe, à 9 h 30 ; adoration du saint Sacrement, à 20 h 30).
De même, une procession a lieu le 2 février, pour la présentation de l'enfant Jésus, et pour les Rameaux.
La communauté a participé très activement à la célébration de la Saint
Germain, à laquelle s'est joint l'abbé Derdeen, curé de l'
église Saint-Pierre. Enfin, elle accueille volontiers des
jeunes gens qui souhaitent effectuer une retraite. Egalement, l'Action catholique y tient régulièrement des réunions,
organise des retraites privées.
Par son propre rayonnement,
l'établissement contribuera chaque jour davantage, n'en doutons pas, à celui de Simiane-Collongue.
La recherche historique montre que plusieurs
centres de vie religieuse existaient, au Moyen Age, sur le territoire actuel de la commune. Au seul qui subsistait
alors, l'église Saint-Pierre, s'est ajouté, voilà près de deux décennies, le double monastère des bénédictins de
Saint-Germain.
André Segui (Les dessins émanent de la communauté bénédictine.) Extrait de Lou
Gaïardet, revue municipale d'information n° 8
(Juillet - Août 1984)
________
* Parmi les personnalités qui viennent au monastère, on citera notamment
Mgr Jean-Marie Lustiger.
bénédictine
Deux monastères, l'un pour les sœurs, l'autre pour les frères

Offices
Samedi
20.00 - Vigiles
Dimanche
8h30 - Laudes
11h15 - Eucharistie
15h30 - None
18h15 - Vêpres
20h15 - Complies
Semaine
5h45 - Vigiles
8h45 - Laudes - Eucharistie
12h45 - Sexte
15h00 - None
17h45 - Oraison
18h15 - Vêpres
20h15 - Complies