Simiane-Collongue Aujourd'hui pour demain
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 Passé vivant

 
  
C'est l'âme de Simiane que nous voulons conserver.

Dans cette rubrique, nous vous parlons des lieux, des gens, du patrimoine, avec des entretiens, des récits.

Déroulez le passé...

  
 
  LETTRES
  de ma ferme
 
- Un trafic qui faisait    un tabac (1)
- Devinaïre de tems (2)
- Lou maridatge en    Provenca (3)
- Autour
   de la naissance (4)

- Le droguier (5)

 
 

 

 

 

Lettres de ma ferme (1)

 

Un trafic qui faisait un tabac

...dans le triangle d'or Siège-Venel-Saint-Germain


Au tout début du XIXe siècle, Simiane, alors Collongue, sur les bonnes terres du lieu-dit «Les Vergers», dans le quartier de Siège, avait la seule ferme de la région autorisée à cultiver du tabac sous le contrôle du gouvernement.

 


 

Inutile de vous dire que peu de nos braves paysans fumeurs, chiqueurs ou priseurs achetaient leur drogue, cultivant pour leur consommation personnelle l'herbe à Nicot grâce aux graines qu'ils se procuraient sur place. Ces récoltes de quelques pieds ne transformaient pas pour autant nos fraudeurs en contrebandiers que la Régie laissait tranquilles.

 

Par contre, certains fermiers des quartiers hauts du village, aux Putis, à Venel et surtout à Saint-Germain avaient développé la plantation du tabac dans de nombreuses terres à l'abri des regards, au milieu de cultures potagères plus classiques, le tout étant rassemblé, au moment de la récolte, à la Ferme haute du marquis où les granges et les remises servaient de séchoirs aux paquets de feuilles de tabac accrochés à des centaines de pointes plantées dans les poutres et les plafonds, dont certaines sont de nos jours toujours en place.

 

A cinq heures de marche par Mimet

 

Pourquoi cette plante aux feuilles convoitées et sous contrôle était-elle cultivée sur le flanc Nord des barres de l'Etoile ? Pour deux raisons très simples.

 

La première était l'isolement du village et de ses quartiers hauts en dehors des grandes routes de circulation. La deuxième, la situation géographique du village d'Allauch par rapport à Simiane, de l'autre côté des barres. A cette époque, lors de la suppression du port franc de Marseille commença à Allauch la contrebande du tabac qui se généralisant allait devenir la principale activité de ce village provençal perché sur son rocher et situé à 5 heures de marche par Mimet et le col Sainte-Anne, de la plaine de Saint-Germain.

 

 

C'est dans ce village en nid d'aigle situé, lui aussi, à l'écart des grandes chemins et, surtout, en dehors des barrières de l'Octroi qui contrôlaient toutes les routes donnant accès à Marseille et les marchandises entrant ou sortant de la ville, que s'est développé le trafic et le traitement du tabac pour les tenanciers de certaines auberges, gargotes et bouges marseillais venant à Allauch se ravitailler.

 

A la fin de l'automne, à la Ferme haute, les feuilles séchées, salées, compressées, étaient réunies en ballots d'une trentaine de kilos pouvant être portés à dos d'homme et, à la tombée d'une nuit sans lune, partaient de la Ferme, le fermier et ses fils, chargés comme des baudets, par des sentiers les menant par les Marres et la Verrerie à Mimet, dont ils évitaient la traversée, faisant leur première halte au sommet du col Sainte-Anne.

Chiques, suces-miel, casse-dents

 

C'était ensuite la descente vers Logis-Neuf, la partie la plus périlleuse du voyage car, il fallait contourner ce hameau où se trouvait la barrière de l'Octroi avec des gabelous toujours en éveil, Allauch étant plus connu pour son commerce du tabac que pour celui de ses «nougats, suces-miel, chiques et casse-dents».

 

Ce trafic s'éteignit vers 1900-1910, les acheteurs marseillais trouvant sur place, avec le développement du port et le commerce avec les colonies, d'autres sources d'approvisionnement et de bien meilleure qualité ; c'est ainsi qu'Allauch vit s'éteindre la contrebande du tabac et se développer le commerce de sa confiserie au miel toujours prisée de nos jours.

Francs-or

 

Au musée d'Allauch, de nombreux documents, matériels et outillage témoignent de cette aventure où certains de nos fermiers simianais se sont impliqués pour gagner, après 8 à 10 heures de marche aller et retour, quelques petits francs mais... des francs OR !

 

Ces francs-or, soigneusement mis de côté, venaient grossir leur pécule, fruit d'un travail acharné, rythmé par le lever et le coucher du soleil, les saisons et où la semaine de travail était de 7 jours et non pas de 32 heures ; c'est ainsi que nos paysans purent, lors du démantèlement du domaine du marquis de Simiane, en 1876, racheter au marquis ruiné les terres de la plaine de Saint-Germain.

 

Lou Papet (André Beaumond)


 

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