| Passé vivant
C'est l'âme de Simiane que nous voulons conserver. Dans cette rubrique, nous vous parlons des lieux, des gens, du patrimoine, avec des entretiens, des récits. Déroulez le passé... |
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Passé vivant, l'âme de Simiane
Les bancau, lei oulieres
La culture en terrasses
Augmenter les surfaces Pour les mieux lotis, en plaine, c'était le maraîchage, carottes, betteraves oignons, melons,
si l'arrosage était possible ; vignes, céréales, aulx, pour les cultures au sec. Dès que l'on dépassait le
Jabouret, autour des hameaux des Putis, des Frères,
Saint-Germain, les cultures maraîchères disparaissaient pour faire place, en priorité,
à la vigne, ensuite aux céréales et aux légumineuses, haricots, pois chiches, lentilles.
Ce type de culture, rarement
destiné à la vente, constituait la base principale de l'alimentation paysanne. Il ne nécessitait pas de terres riches
et se contentait, à l'époque, de l'arrosage naturel du ciel.
C'est donc tout naturellement aux flancs de leurs collines que nos paysans
s'attaquèrent pour augmenter leurs surfaces de culture.
Ces bancau furent le fruit du travail de plusieurs générations, il
fallait débroussailler, déboiser, dessoucher et, ensuite, terrasser les plates-formes, trier les pierres, choisir les
plus grosses pour constituer les murs qui allaient retenir la terre, créer les cheminements pour qu'ils soient
accessibles au cheval ou au mulet.
Il faut réaliser que ces travaux s'effectuaient après et en plus du travail
courant de la journée, pendant les périodes d'intempéries et les temps morts entre les récoltes classiques.
Avec la modernisation de l'agriculture, le changement de vie de nos paysans,
la disparition des animaux de trait, cette culture s'est éteinte et nos oulieres ont été abandonnées.
Aujourd'hui, si vous vous promenez en collines, vous rencontrerez ou
devinerez les vestiges de ces restanca envahies par les pins et les argelàs (1).
La nature, péniblement chassée par l'homme, a vite repris ses droits ; à la
pauvreté des récoltes d'alors a succédé la formidable richesse des parfums que dégagent, sous les rayons du soleil,
thym, romarin, cade, lavande sauvage et sariette, qui ont repoussé avec plus de force sur ces terres amendées,
creusets de senteurs puissantes ou subtiles ayant pu faire dire à un voyageur (2) traversant notre région, dans un
raccourci quelque peu désabusé :
« La Provence n'est, en fait, qu'une gueuse parfumée».
André Beaumond _____________________

1) Argelás ou argerás : espèce d'ajonc ou de genêt épineux.
2) Ch. de Brosses, historien (Dijon, 1709 - Paris, 1777), Lettres familières d'Italie.
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