Passé vivant

  
  C'est l'âme de  Simiane que nous  voulons conserver.

 Dans cette rubrique,  nous vous parlons des  lieux, des gens, du  patrimoine, avec des  entretiens, des récits.

 Déroulez le passé...
   
      

  Passé vivant, l'âme de Simiane
 L'ostau e lou cabanon
  par Lou Papet
Jadis, dans la basse Provence en général et autour du Pays d'Aix en particulier, le souci majeur de la sécurité a déterminé le plus souvent l'implantation des villages ; au sommet d'une colline, comme Mimet, au flanc d'une autre, tel Eguilles ou, comme Simiane, à l'extrémité d'un éperon rocheux, dernier promontoire d'une ligne de hauteurs, sous une tour surveillant la plaine.

Nos aïeux Simianais, paysans pour la plupart, étaient, en quelque sorte, des " citadins ".

En majorité, ils habitaient non pas sur leurs terres, mais au village, dans des maisons serrées les unes contre les autres, bordant des rues étroites, captant l'ombre bienfaisante l'été, et glaciales en hiver, tortueuses pour freiner le mistral, escarpées avec escaliers et culs-de-sac.

Ces maisons hautes, à deux niveaux en général, étroites, une ou deux fenêtres en façades principale et arrière, rarement trois, abritaient la famille aux étages, les récoltes au grenier, charrettes, cheval ou mulet, dans la remise au rez-de-chaussée ; les jardinets ou les cours, quand elles en avaient, étaient situés par derrière, abritant poulailler et garenne.

Par contre, nos paysans possédaient pratiquement tous, sur leurs champs, une maisonnette, en général deux pièces : une cuisine rudimentaire avec cheminée et potager pour faire chauffer la soupe de midi, s'abriter des intempéries, et une remise pour les animaux et l'outillage.

C'est ainsi que l'on pouvait voir, naguère encore, nos plaines et nos coteaux émaillés de dizaines de ces petites maisons basses, " nos chers cabanons ", tapies à l'ombre d'un pin, d'un mûrier ou d'un platane.

C'était aussi le lieu privilégié où, le dimanche, après une semaine de dur labeur, dès la belle saison, familles et amis se regroupaient.

Grandes tablées

Baptêmes, communions, accordailles et, souvent, mariages, s'y déroulaient autour de copieux et longs repas sans oublier, l'hiver, les agapes de nos paysans, entre hommes, tous des chasseurs et un peu... braconniers. La fin des moissons et des vendanges était l'occasion de grandes tablées où chants et rires étaient au menu.

Je ne résiste pas au plaisir de vous citer un couplet d'une chansonnette de chasseurs de l'époque :

L'autre jour aneri a la casso
A la casso des pichots aussels
Rescountreri uno pastouro
Que gardavo un bel troupel
D'agnels.
Poumpiou

L'autre jour j'allais à la chasse
A la chasse des petits oiseaux
Je rencontrai une bergère
Qui gardait un beau troupeau
D'agneaux
Piou, Piou, etc

Au fil du temps, sous la poussée démographique et la montée des coûts de l'immobilier, nos champs sont devenus des " terrains " et nos cabanons transformés, agrandis, allongés, surélevés, ont pris du galon, devenant résidences secondaires ou principales, bien clôturées, où chacun reste chez soi, ignorant souvent ses voisins.

Le barbecue a remplacé la cheminée ou la cuisinière d'antan, le frigo la gargoulette qui maintenait l'eau fraîche, le baladeur les chants de nos invités.

Autres temps, autres mœurs, ainsi tourne la vie, et c'est bien ainsi.

© Simiane-Collongue Aujourd'hui pour demain 2006. Reproduction interdite sans l'accord écrit de l'association.


 

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