Le ministre délégué aux Anciens combattants
Année après année, la France se souvient des combattants de la Première
Guerre mondiale. Avec émotion, chaque 11 novembre, la Nation se remémore les sacrifices qu'ils ont consentis pour
remporter une victoire inoubliable.
Aujourd'hui, 88 ans après l'Armistice de Rethondes, devant tous les
monuments aux morts, nos premières pensées vont vers ceux qui sont tombés au champ d'honneur. Ils ont hautement
mérité notre reconnaissance éternelle.
Nous pensons aux innombrables blessés, aux mutilés, aux gazés, aux
« gueules cassées », aux prisonniers et aux expulsés ainsi qu'aux veuves et aux orphelins et à toutes les
victimes civiles et militaires.
En cette Journée nationale, notre attention se porte également vers nos
derniers « Poilus », témoins de ces combats sans merci et de ces événements qui allaient si profondément marquer le cours de l'Histoire. Notre affection et notre respect leur sont acquis.
Cette année, la République a rendu un hommage plus particulier aux héros
et aux martyrs des batailles de Verdun et de la Somme. 90 ans plus tard, nous ne pouvons oublier ces millions d 'hommes,
de toutes origines, qui prirent part à des combats terrifiants. Leur patriotisme, leur courage, leur abnégation nous
obligent. Ils ont leur place pour toujours dans la mémoire nationale.
A nos alliés dans cette grande et cruelle épreuve, nous renouvelons
l'expression de notre profonde gratitude. Avec nos ennemis d'alors, devenus nos amis indéfectibles, nous mesurons
l'importance du chemin parcouru sur la voie de la paix.
Que l'évocation de ces temps de déchirements et de deuils renforce notre
détermination à œuvrer sans relâche pour conforter la réconciliation entre les nations de notre continent. Nous
ferons ainsi rayonner les idéaux de liberté, d'égalité et de fraternité pour lesquels se battaient les soldats
victorieux de la Grande Guerre.
L'Union française des associations de combattants
et de victimes de guerre (U.F.A.C.)
L'UFAC a souhaité que ce message soit lu par une jeune fille ou un jeune garçon.
En ce 11 novembre 2006, nous célébrons le 90e anniversaire de
la plus grande bataille de la guerre de 1914-1918 : l'enfer de Verdun. De février à décembre 1916, mois au cours
desquels les Allemands furent finalement repoussés sur leurs positions de départ, plus de 300 000 hommes perdirent la
vie : 163 000 étaient français, Verdun a engendré un cortège inégalé d'horreurs, de violences et de
souffrances.
L'année 1916 fut aussi celle de la bataille de la Somme engagée le
1er juillet par les Britanniques, les troupes du Commonwealth et un important soutien français. L'offensive
se heurta à la puissance des défenses allemandes, appuyées par les pilonnages d'artillerie et les tirs de
mitrailleuses. Dès le premier jour, les Alliés perdirent 60 000 hommes.
Les batailles de Verdun et de la Somme amenèrent l'un des combattants,
Henri Barbusse, prix Goncourt 1916 pour son ouvrage « Le Feu », à souligner :
«Deux armées aux prises, c'est une grande armée qui se
suicide.»
L'historien Antoine Prost a également tiré les leçons de ce désastre :
«Le bilan humain de la guerre est plus lourd encore :
1 450 000 morts, tous des hommes jeunes, dans la force de l'âge, alors que le pays vieillit ; près de 4 millions de
blessés (dont 1 700 000 mutilés), Roland Dorgelès a décrit :
« ...sans viser, les hommes tirent, toutes les tombes se sont
ouvertes, tous les morts se sont dressés et, encore aveuglés, ils tuent dans le noir, sans rien voir, ils tuent de la
nuit ou des hommes».
Survivants de ces combats tragiques, nombre d'anciens combattants et de victimes de la guerre de 1914-1918 ont appelé avec force les générations qui suivirent à tout faire pour empêcher d'autres guerres et à mener, avec persévérance, leur action pour la paix.
A leur tour, confrontées à des guerres, elles ont lancé les mêmes appels. Les dangers actuels ne sont certes pas tous de même nature, mais sous d'autres formes, sont toujours là, bien réels.
L'Union française des associations de combattants et de victimes de guerre exhorte la jeunesse à demeurer vigilante et à œuvrer inlassablement pour l'entente entre les peuples, la paix et la fraternité.
143 000 allemands.
600 000 veuves, 760 000 orphelins. Et cela, rien que pour la France...».