Devoir de mémoire

Simiane Demain


 

15 septembre 1984
Quarantième anniversaire
 de la mort de Roger Guigon
enfant de Simiane

A l'initiative des anciens de la 2e D.B. et du lieutenant-colonel honoraire Marius Busuttil, vice-président national de leur association, président de l'amicale de Marseille et des Bouches-du-Rhône, une émouvante cérémonie a eu lieu sur la tombe de Roger Guigon, enfant de Simiane. Plusieurs gerbes ont été déposées.

 

A cette cérémonie du souvenir, se sont associés la municipalité du Dr Claude-Maurice Siméoni, l'association des Anciens combattants et victimes de guerre, l'association du Souvenir français, ainsi que de nombreux Simianais.

Parmi les personnes présentes, on remarquait notamment le colonel Victor Cavalier, président régional de la Société des membres de la Légion d'honneur décorés au péril de leur vie, M.Emmanuel Vella, président des Anciens de la 2e D.B.à Aix-en-Provence, M.Charles Stefani, secrétaire de l'association départementale, ainsi que des camarades de Roger Guigon : MM. Baglioni et Guiliot.

Allocution du colonel Marius Busuttil

Cette année 1984 voit se succéder les cérémonies du quarantième anniversaire des débarquements sur les côtes de Normandie et sur les côtes de Provence. Pour nous, anciens de la 2ème D.B., c'était également la commémoration de la Libération de Paris, cérémonie qui a connu le faste et la ferveur voulus par le gouvernement et le maire de la capitale.

Le 25 août dernier à Paris, nous nous sommes retrouvés 4 300 anciens autour de la maréchale Leclerc qui a consacré sa vie et tout sacrifié pour le rayonnement de notre "patron". Après Paris et les durs combats du Bourget qui risquaient de tout remettre en question, ce fut la campagne des Vosges et, presque jour pour jour, la sanglante mais victorieuse bataille de Dompaire, remportée de haute lutte, en particulier par nos valeureux camarades du Régiment blindé de fusiliers marins et du Régiment de marche du Tchad.

Au cours de cet engagement, soixante des plus puissants chars ennemis, récemment sortis des usines allemandes, qui se dirigeaient vers Paris pour la reconquête, ont été stoppés puis anéantis par ces deux prestigieuses unités de la 2ème D.B. C'est au cours de ce combat que le lieutenant Roger Guigon, enfant de Simiane, a trouvé une mort héroïque.

Et c'est la raison de notre réunion aujourdhui autour de sa tombe. Le lieutenant Guigon fait partie de la dernière promotion de juillet 1942 de Saint-Cyr, replié à Aix-en-Provence.

Guigon est à Alençon, Paris, Flains, Vittel, Dompaire...

Le débarquement allié de novembre 1942 en Afrique du Nord entraîne l'occupation immédiate et totale de la France métropolitaine. Guigon alors s'évade de France et rejoignant les Forces françaises en Algérie, ces forces que le général Weygand avait su forger et garder en réserve, il participe aux combats de la campagne de Tunisie de 1942-1943. Il Y reçoit d'ailleurs une première blessure.

Volontaire pour la 2ème D.B. en formation au Maroc, il est affecté au Régiment de marche du Tchad.

En Angleterre, alors qu'il participe à l'entrainement intensif de son unité, il est cette fois blessé accidentellement au cours d'un exercice au tir réel. Et c'est pendant son hospitalisation et son traitement que les opérations d'embarquement s'amorcent.

Guigon ne peut supporter l'idée de ne pas en être. Il s'évade dans la nuit de son hôpital, en pyjama, pour ne pas manquer le débarquement et avec la complicité de son commandant d'unité qui a rapidement jugé l'homme à qui il avait à faire, il participe à la campagne de Normandie. Ce commandant d'unité c'est le commandant Massu, devenu par la suite légendaire. Guigon est à Alençon. Guigon est à Paris. Guigon est à Flains, Moyen, Cyray-sur-Vezouze, à Vittel et enfin à Dompaire. C'est là qu'il a rendez-vous avec le destin et que pour lui la campagne des Vosges est terminée.

Il est tué aux côtés de son chef, le commandant Massu, le 13 septembre 1944. Il a trouvé la mort glorieuse qu'il aurait sûrement souhaitée. Il a donné sa jeune vie pour la libération de la patrie. Il était titulaire de la croix de Guerre et chevalier de la Légion d'honneur.

Demain, à Dompaire, sur les lieux mêmes de ses exploits, en présence de sa vieille maman et de toutes les hautes autorités, une stèle sera inaugurée en mémoire de son héroïque conduite.

Nous, ici, nous communions dans son souvenir.

Remerciements

Je vous dis merci, M. le Maire, au nom de tous mes camarades et en mon nom personnel, d'avoir bien voulu présider cette cérémonie malgré vos nombreuses occupations. Merci à votre conseil municipal, en particulier à M. Segui, votre adjoint à la vie associative ; à M. Bourguet, ancien de Dien -Bien-Phu et président de l'association des Anciens combattants de Simiane-Collongue. Tous deux ont facilité énormément notre organisation.

Merci à la population de Simiane et merci à tous mes camarades A. C. Les Anciens de la 2ème D.B. qui m'entourent vous sont, comme moi, très reconnaissants.

Vive Simiane-Collongue, Vive la France!

Allocution du maire (extraits)

Puis, le Dr Claude-Maurice Siméoni a tenu à souligner combien il est lui-même attaché au souvenir de ceux qui ont donné leur vie pour la liberté de la patrie. Il s'est élevé contre le slogan : plutôt rouge que mort.

Roger Guigon a sacrifié sa vie pour que la France ne soit ni rouge ni blanche. Il est de notre devoir de faire en sorte que nos enfants puissent enfin mesurer ce qu'était la France, pas seulement la France mais l'empire français car il ne faut pas oublier toutes les populations qui - elles aussi - ont payé un lourd tribut à la guerre !

15 septembre 1984

Roger Guigon
(Gens de Simiane)