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| Passé vivant
C'est l'âme de Simiane que nous voulons conserver. Dans cette rubrique, nous vous parlons des lieux, des gens, du patrimoine, avec des entretiens, des récits. Déroulez le passé... |
Denis Oléon
Simiane vient de perdre un de ses enfants aux facettes multiples, aux
connaissances étendues, au verbe et à la plume facile, ou dérangeante lorsqu'il le fallait.
Si Hélène son épouse, avec qui nous sommes de tout cœur dans cette
épreuve, a éduqué et instruit plusieurs générations de Simianais, Denis, lui, s'était consacré aux techniques
modernes de culture pour petites exploitations.
" Bio " avant la lettre, il se disait paysan arboriculteur et fier de
l'être. " Ecolo " de conviction bien que le mot n'existât pas encore à l'époque où il s'est battu comme un diable
pour la protection de ses arbres et donc des nôtres, souvent bien seul mais toujours tenace.
Comme don Quichotte, il s'attaqua aux moulins qu'étaient les pollueurs qui
nous entourent, raffineries et pluies acides qu'elles généraient, contre Lafarge, Péchiney, la centrale thermique,
et leurs fumées nocives.
Il fut l'un de ceux qui furent à l'origine de l'obligation faite à ces
industries de modifier et d'améliorer les systèmes de filtration de leurs émanations et nous lui en sommes
reconnaissants.
Quel cultivateur de Simiane et des environs n'est pas venu chercher auprès
de Denis la recette miracle pour traiter les pucerons, les chenilles, la cloque, le mildiou et l'oïdium, les
combinaisons de cuivre, permanganate, soufre n'ayant plus de secret pour lui ou bien encore, pour greffer un
cerisier, un abricotier, un pommier, dont il pouvait vous parler pendant des heures, ainsi que des plantations en
lune montante ou descendante etc., etc.
Il fut également le chroniqueur de son temps, de son village, de son
métier, auxquels il consacra de nombreux articles qui parurent entre autres dans le premier Gaiardet, dans les
années 1980.
Par un beau dimanche aux riches couleurs de l'automne, Denis est parti
pour un repos bien mérité dans les superbes vergers de l'Eden promis aux sages, au milieu des arbres qu'il a tant
aimés.
«J'y referai pour vous le Jardin que cherchent les
hommes » *
* Henri Bosco, Le jardin d'Hyacinthe 1946 (éd. Gallimard).
L'homme qui parlait aux arbres

Souvent seul mais tenace
Lisez La Fontaine des vaches racontée par Denis Oléon
© (Le Gaiardet, 1er janvier 2007)
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S.-C. A. D.
Pour 2007, Télécharger