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Histoire et...histoires de l'eau à Simiane (3)

L'alimentation en eau
 des fontaines de la ville

par Jean Tribotté
 
 

En 1835, une décision municipale permet l'installation d'une fontaine sur le cours des Héros et la construction d'un aqueduc pour y amener l'eau.

Puis, en 1853, un puits est creusé sur ce cours ; il est équipé d'une pompe à bras qui permet de relever l'eau dont les villageois ont besoin.

Colossale

C'est en mai 1873 que le projet d'une fontaine colossale est agréée sur la promenade publique : sa hauteur sera de 2,97 m pour une largeur de bassin de 4,60 m.

Une première avait été construite en 1639.
 

Vers 1897, c'est l'effervescence au village, le conseil municipal vient de décider la mise en place de 12 bornes-fontaines pour permettre aux habitants du centre bourg de bénéficier d'une eau propre pour la cuisine et la toilette. Elles viendront compléter les canons de la fontaine aux Vaches et de la fontaine du cours.

Les recherches effectuées orientent les édiles vers le quartier de Lencouven. C'est la source de la Pible (la grenouille) qui est retenue. La commune fait l'acquisition d'un morceau de terrain autour de cette source qui, tout naturellement, libère son eau dans le vallat des Platrières.

Assurer la régularité de l'alimentation

La source est située au pied d'un rocher et il n'y a pas de constructions à proximité ou au-dessus. Il va falloir creuser afin d'organiser un réservoir dans la roche qui garantira la propreté de l'eau.

Des ouvriers puisatiers se mettent au travail pour creuser un tunnel d'accès à la salle de réserve qui se trouve sous la colline. Des sacs de jute sont achetés et remplis de sable. Stockés dans la salle, ils serviront à augmenter la hauteur du barrage taillé dans la pierre et qui détermine le réservoir.
 

Abri de javélisation et les réservoirs au dessus du Jabouret


Il convient de pouvoir assurer la régularité de la fourniture de l'eau, mais aussi l'entretien des installations. Ces sacs de sable sont aussi un bon moyen pour couper la fourniture d'eau.

Le devant de la source est alors fermé par un ouvrage de maçonnerie comportant trois faces.

Deux sont complètement hermétiques ; en façade, la troisième laisse le passage pour un tuyau légèrement enterré, elle présente un trou d'évacuation vers le vallat et comprend une trappe qui permettra une rapide surveillance. Le dessus va comporter une grosse plaque de fonte avec un lourd couvercle amovible.
 

     Accès à la source de la Pible (Ph. J.T. Droits réservés)

Des barreaux de métal scellés vont permettre au fontainier du village un accès facile à la galerie souterraine d'environ 90 cm de hauteur. Au sol, elle comporte une goulotte de circulation du trop plein d'eau et le tuyau qui a été fixé au réservoir.

La tuyauterie de fonte va être installée dans le lit du vallat, jusqu'au chemin de Saint-Germain où une tranchée pratiquée sur la berme (ou accotement)va lui permettre d'atteindre le pont des Putis. Plus tard, deux vannes seront installées sur cette première partie du parcours de l'adduction d'eau.

Purification de l'eau

Le tuyau est enfoui sous la droite du chemin pour atteindre l'entrée du village, juste avant le Jabouret et sa scierie. Là, sur un espace à peu près plat, la commune a fait installer un réservoir fermé par une plaque de fonte et le cabanon de traitement dans lequel un système de purification de l'eau est installé. Il laisse tomber une goutte d'eau de javel dans l'eau qui arrive par la tuyauterie, avant qu'elle se répande dans la cuve.

En 1903, l'eau de la source de La Pible alimente les onze bornes-fontaines et le robinet du Jabouret dont le promeneur voit encore les traces, dans une alcôve d'un mur à droite en montant la route de Saint-Germain.

Les bornes-fontaines de fonte utilisant les seuls effets de la gravitation se trouvaient sur la place de l'Église, avenue Guigon, au coin de l'immeuble occupé aujourd'hui par le Crédit agricole, dans la rue Manéra, dans la rue Vassent, rue Haute, Grand'Rue, à la Colombière, aux Aires et au cimetière où l'eau n'arrivait pas toujours.

Avec leur couleur verte aux reflets de l'émail, leur bouton latéral à tourner et leur canon de bronze, elles avaient fière allure et excitaient la curiosité des uns et des autres.

Nouvelles citernes

Très vite, il faudra installer une seconde citerne, une troisième et enfin une quatrième qui assureront une distribution d'eau potable aux fontaines jusqu'à la mise en place de l'eau sous pression, avec l'arrivée de l'eau du Canal en 1963.

Toutefois, c'est une délibération du conseil municipal de Simiane, approuvée par le préfet des Bouches-du-Rhône, le 6 décembre 1957, qui instaure la possibilité d'une mise en place de robinets chez les habitants moyennant un seul type d'abonnement par immeuble comportant une comsommation annuelle minimum de 36 m3 soit 100 litres par jour, au prix forfaitaire de 3000 francs.

Règlement à terme échu

L'excédent de consommation annuelle sera décompté pour chaque mètre cube supplémentaire au prix de 60 francs.

(...) Les excédents résultant des relevés des compteurs, ainsi que la location des compteurs, seront payés début janvier pour l'année écoulée (...).

Il n'est pas encore question de l'assainissement et de sa taxation mais l'aspect confortable de la distribution de l'eau à domicile montre le bout de son nez. Ce ne sera pas sans conséquences.

C'est ainsi que la distribution de l'eau potable assurée gratuitement par les bornes-fontaines l'est devenue à titre onéreux au moyen de concession à débit assuré par un compteur.

*

Il nous faut rendre hommage aux fontainiers de l'époque qui ne connaissaient ni les jours de fête ni le dimanche mais qui, nés dans la commune, se mettaient au service de leurs concitoyens et dont les journées étaient parfois très longues.

Jean Tribotté
 


Amis lecteurs, si vous ou des membres de votre famille disposez d'informations ou de documents susceptibles de compléter le contenu de cette série d'articles, merci de nous en faire part pour partager l'information avec tous les Simianais.
 

 

Cf. le blog de Jean Tribotté : http://jtribs.blogspot.com

Sources : Huguette Garrido et Archives nationales

© Jean Tribotté et Simiane-Collongue Aujourd'hui pour demain.




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