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Histoire et...histoires de l'eau à Simiane (4)

L'eau sous pression
et son recyclage

par Jean Tribotté

   Le grand projet se concrétise : après les études réalisées en 1932, la construction    d'ouvrages se termine en 1956, l'eau arrive au compteur en 1958.

Comme nous l'avons vu, la mise en place d'un réseau d'adduction d'eau chez les habitants du centre bourg de Simiane date de 1958. Cette eau arrive par gravitation de la source de La Pible et transite par les bassins du Jabouret. La pression est faible à la sortie du robinet qui a été installé au-dessus d'une pile, évier taillé à même la pierre avec son égoutoir latéral, typique de la région.

Tuyaux en plomb

Pour éviter la mise en place de trop grandes longueurs de tuyauterie dans les habitations et par inexpérience, cette pile se trouve le plus souvent au rez-de-chaussée, à proximité de la rue où passe la canalisation principale. Et, ce qui est impensable de nos jours, les tuyaux qui partent du compteur sont en plomb, métal malléable qui épouse facilement les formes tarabiscotées des murs intérieurs.

Cette première étape ne durera qu'une dizaine d'années car le bruit d'un grand projet destiné à fournir de l'eau en quantité suffisante aux agriculteurs s'intensifie. Ce projet est porté par la région, le département et les grandes communautés urbaines du secteur. Les villes, l'industrie (houillères, Gardanne, Pechiney, Lafarge) et l'agriculture ont besoin d'eau.

Colline de Peycaï (Photos J.T. Droits réservés)

Des travaux ont été entrepris dès 1946, les ouvrages ont été terminés en 1956, un réseau de distribution permet l'irrigation de près de 5 000 hectares répartis sur les territoires de trois cantons, dont Gardanne.

Les études faites par l'ingénieur hydraulicien Joseph Rigaud en 1932 ont été adoptées mais la guerre a fait reporter leur application. ²

Infrastructure générale des ouvrages

Elle comprend

- un souterrain de dérivation des eaux du canal du Verdon vers la cuvette de Bimont ;

- un barrage de retenue capable de stocker 40 millions de mètres cube derrière un mur de 87,50 m de haut;

- un canal principal pouvant véhiculer 7 mètres cubes par seconde ;

- deux branches secondaires se dirigeant l'une vers l'Est (la branche de Trets), l'autre en direction de Septèmes-les-Vallons (la branche de Gardanne).

1 350 agriculteurs

Si le barrage de Bimont est la pièce maîtresse de l'ensemble des ouvrages, la branche secondaire du canal qui dessert Simiane mesure néanmoins 15 200 mètres de longueur et peut véhiculer 4 mètres cubes à la seconde jusqu'au souterrain des Rajols qui est relié à la ville de Marseille.

En 1958, la vieille méthode du tour d'arrosage peut être définitivement écartée, l'eau est distribuée au compteur. 1 705 postes d'eau d'arrosage intéressant 1 350 agriculteurs permettent d'irriguer 5 000 hectares sur les trois cantons. Les observateurs venaient de loin, dès ces premières années, pour étudier ces techniques nouvelles qui modifiaient l'exploitation des réseaux.

C'est dans ces années-là que la commune de Simiane va confier la gestion de son réseau à la SEM. Après avoir réalisé, avec Gardanne, les réservoirs de la colline des Molx, au bout du chemin des bassins. En 1957, elle entreprendra la construction du réservoir du pont des Putis (500 m3) puis, en 1974, le bassin de Venel et celui de Sainte-Magdelaine (200 m3) qui permettent la distribution d'une eau potable.

   Aux Molx
 

Réservoirs

Une station de pompage située aux Figassons, à 240 m d'altitude prélève l'eau dans le canal du Verdon afin de la diriger vers la station de traitement située au-dessus du chemin de Gadie, dans les Molx (alt 260 m).

L'eau sera alors refoulée jusqu'au réservoir de 1 500 m3 des Molx (alt 300) d'où elle est acheminée vers le réseau de distribution et le réservoir du pont des Putis (Lencouven). Une station de pompage annexée permet de remplir le réservoir communal de Sainte-Magdelaine.

Sainte-Magdelaine
 

Malgré la mise en place d'une possible dérivation, sur le parvis de la station de Lencouven et des vannes de maîtrise, l'eau de la source de la Pible ne sera plus utilisée.

En juillet 2003, un nouveau réservoir de 1200 m3 sera mis en service sur le site de Sainte-Magdelaine, pour permettre l'alimentation en eau brute de 220 foyers des hauts quartiers qui jusqu'alors se servaient de l'eau du puits. Il reçoit de l'eau du canal du Verdon prélevée aux Figassons.
 

Les abonnés, comme certains habitants des bas quartiers, doivent procéder individuellement au traitement de cette eau pour la rendre potable. Un filtre et un appareil de traitement soit par ultras-violets, soit par osmose doit être installé dans la propriété et entretenu aux frais de l'utilisateur.


 Bassin d'épuration avec oxygénation


   Traitement par des UV (chez des particuliers)

Le recyclage

Toute cette eau utilisée par les particuliers et les entreprises ne pouvait retourner en l'état au vallat : simultanément, il a donc fallu installer un réseau d'assainissement. La méthode traditionnelle de la "tinette" ou du puisard ne pouvait perdurer, là où c'était possible, des plateaux absorbants ont été installés ou préconisés. Malheureusement, le plus souvent pour des raisons budgétaires, des habitations n'ont pas encore accès au tout à l'égout et doivent se satisfaire de méthodes ancestrales.

   L'antique "pile" des ménages
 

A Simiane, le réseau d'égouts a été installé à partir de 1974. Toutes les eaux usées récupérées sur la commune sont dirigées vers une station d'épuration installée en collaboration avec Bouc-Bel-Air, au lieu-dit Bel Air. Sa capacité de traitement devenant insuffisante, c'est une station de technique plus récente qui l'a remplacée en 2007.

Cette station d'épuration reçoit 3 000 m3 par jour d'eaux-vannes dont elle retire 1 160 kilogrammes de boues essorées qu'elle expédie vers le compostage. Après décantation et oxygénation pour activer le travail des bactéries, l'eau conforme à la norme préfectorale (98 % de matière enlevée) rejoindra le Grand Vallat ou le terrain d'épandage qui se trouve à proximité.

L'eau de ruissellement retourne au ruissellement.
 

Jean Tribotté
 


Amis lecteurs, si vous ou des membres de votre famille disposez d'informations ou de documents susceptibles de compléter le contenu de cette série d'articles, merci de nous en faire part pour partager l'information avec tous les Simianais.
 

 

Cf. le blog de Jean Tribotté : http://jtribs.blogspot.com

Sources : Huguette Garrido et Archives nationales

© Jean Tribotté et Simiane-Collongue Aujourd'hui pour demain.




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