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   La réalité et la légende
 Qui était saint Eloi ?

 

 

Comme ailleurs, les appellations et les coutumes invoquent chez nous un certain nombre de saints. A Simiane, l'église honore saint Pierre, les hauts quartiers sont placés sous l'égide de saint Germain et nous célébrions jusqu'à il y a peu (2004), la Saint-Eloi, notre fête votive, devenue seulement un souvenir !


Justement, qui était saint Eloi ? Nous connaissons tous les premiers vers de la célèbre comptine :

 

Le bon roi Dagobert
A mis sa culotte à l'envers
Le grand saint Eloi
Lui dit : Ô mon roi !
Votre Majesté
Est mal culottée
C'est vrai, lui dit le roi
Je vais la remettre à l'endroit.

 

Sa biographie

Eloi naquit vers la fin du VIe siècle, à Chaptelat, à quelques lieux de Limoges. Dès son enfance, il se fit remarquer par son habileté dans les travaux manuels, aptitude que son père mit en avant pour le confier comme apprenti à maître Abbon, orfèvre renommé et frappeur de monnaie d'or (1), à Limoges, pour le compte du roi Clotaire II ( père de Dagobert ). Il y travaillera quelques années et terminera sa formation à Paris, chez l'orfèvre du roi, maître Bobbon, également frappeur de monnaie.

 

Dans ces deux ateliers, il avait constaté qu'on fabriquait de la monnaie qui n'étaient pas toujours de bon aloi et que la différence entre le poids de l'or fourni et le poids des pièces frappées, même en tenant compte des pertes d'usinage, était souvent importante, au détriment des finances royales. En contact, par ses dons d'orfèvre, avec la cour du roi, il se lie avec un fils de famille noble, Dadon (2), qui l'introduira auprès du roi Clotaire II qui, reconnaissant non seulement les dons manuels d'Eloi mais aussi son intelligence, sa probité et ses qualités de gestionnaire, sa piété et son honnêteté, le charge d'organiser et de surveiller son administration.
 

La légende

Clotaire II aurait commandé à son orfèvre Bobbon un trône d'or orné de pierres précieuses. Eloi, de loin le meilleur ouvrier de l'atelier, fut chargé de ce travail et, avec la quantité d'or qui lui fut confiée, réalisa non pas un seul trône, mais deux. Il se rendit au palais et remis un premier ouvrage qui, par sa perfection, fit l'admiration du roi qui se transforma en stupéfaction quand Eloi lui présenta le second trône et lui déclara :

 

« Ne voulant rien perdre de la matière qui m'avait été confiée et qui me restait, j'ai réalisé en outre celui-ci. »

 

Clotaire, tout étonné, subjugué par les explications données sur la façon de faire des économies, par l'intelligence et l'esprit des réponses d'Eloi, le nomma sur le champ Grand Argentier du royaume.

 

Le 1er décembre 659, meurt à 70 ans, celui qui devint saint Eloi et dont les reliques reposent dans la cathédrale de Noyon.

 

Lou Papet (André Beaumond), juin 2006

 


 

(1) De toutes les régions de France où l'on frappait les pièces d'or, seule la région de Limoges conserva jusqu'à nos jours le privilège de la fabrication de la monnaie en France ( Chamalières )
(2) Dedon, à qui Eloi doit son entrée à la cour de Clotaire II, passa sa vie auprès de son ami dont il devint le biographe et auquel il consacra un de ses ouvrages, Sanctus Eligius vita.


 

© Simiane-Collongue Aujourd'hui pour demain 2006. Reproduction interdite sans l'accord écrit de l'association.



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