Devoir de mémoire

Simiane Demain


 

Jacques Manéra
Un marin pompier dans la Résistance

11 novembre 2010

Jacques Manéra est né en Corse le 4 décembre 1910, à Sartène.

Radio à Aix-en-Provence

D'abord marin dans la marine marchande, il rejoint le corps des marins-pompiers de Marseille où il va entrer dans la résistance, en août 1942, bien avant l'arrivée des troupes allemandes à Marseille. Il assure depuis cette date les liaisons entre les différentes casernes de la cité phocéenne.

Intégré a partir de décembre 1942 dans l'ORA, il est envoyé comme radio à Aix-en-Provence où il met en place un poste émetteur et obtient la liaison avec Londres et ensuite avec Alger.

A l'emplacement où Jacques Manéra a été tué, près de la plaque commémorative
qui lui est dédiée, rue Manéra, la chorale de la Major interpréte le Chant des partisans.
En arrière-plan, se trouvait le bar du Bon accueil

(Lire ci-dessous le témoignage de Marius Magnan)

Missions

En mai 1943, il est envoyé en mission en Savoie pour prendre différents contacts avec la résistance locale puis, revenu à Marseille, il va convoyer en tenue de marin-pompier, muni d'un ordre de mission, un aviateur belge abattu au dessus de Charleroi, jusqu'à la frontière espagnole à San Sebastian.

A son retour, Jacques Manéra reprend ses activités de radio mais, le 6 juin 1944, ses émissions ayant été repérées par la radiogoniométrie allemande, il est obligé et sur ordre de gagner la région de Simiane où se trouve un maquis en formation.

Trahison et guet-apens

Il reprend là ses fonctions de radio, et retrouve le lieutenant Marchetti, Gilles, Hubert Ricci et Marie-France, mais l'équipe de résistants qui l'entoure ayant été infiltrée par des membres français de la Gestapo, il tombe le 12 juillet 1944 dans un véritable guet-apens où il est ceinturé par le dénommé Caruso et un second individu. Il réussit à se défaire de ses adversaires et c'est alors qu'un troisième homme nommé Fabiani, l'abat d'une balle dans le dos.

Le 2 septembre 1952, Jacques Manéra est promu chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume avec une citation à l'ordre de l'Armée comportant la croix de guerre 1939-1945 avec palme.

Francis Agostini
Président départemental de l'Union Fédérale des Bouches-du-Rhône
Président du Comite de coordination des associations d'anciens combattants et victimes de guerre de Marseille et des Bouches-du-Rhône

 

Le témoignage de Marius Magnan

Avant le dépôt de gerbes devant la plaque de Jacques Manéra, dans la rue qui porte son nom, à l'endroit même de son assassinat, devant le bar du Bon accueil, aujourd'hui disparu, et la lecture du texte ci-dessus par le lieutenant des marins-pompiers Brémond, Christian Dallaporta, en charge du protocole durant cette journée du souvenir du 11 novembre 2010, a demandé à Marius Magnan, maire honoraire et témoin, d'évoquer ses derniers instants. Une évocation très émouvante.

Dans un sentiment qui l'honore, Marius Magnan, lui-même très ému, a préféré ne pas décrire plus en détail ces moments du 12 juillet 1944.