Simiane-Collongue Aujourd'hui pour demain
 
  Les mots éventuellement surlignés  figurent dans l'Index
  
 
        Passé vivant     

 
  
C'est l'âme de Simiane que nous voulons conserver.

Dans cette rubrique, nous vous parlons
des lieux, des gens, du patrimoine,
avec des entretiens, des récits.

Déroulez le passé...

  
    

 

Jean Baptiste Penon
Un Simianais évêque
par André Beaumond  


 

 

Jean Baptiste, Etienne, Honoré Penon est né à Simiane, le 23 mai 1850, dans une famille simianaise de petits artisans ; le père et le grand-père étaient cordonniers, les Penon, alliés par la mère aux Dagnan ( t ) et la grand-mère aux Pally, deux vieilles familles de cultivateurs de notre village.

 

Jean Baptiste, Etienne, Honoré fut baptisé le 26 mai suivant. Trois ans plus tard, le 15 novembre 1853, naissait son unique sœur Joséphine, Françoise, qui consacra sa vie à ses parents jusqu'à leur décès et, ensuite, à son frère qu'elle accompagna dans les dernières années de son sacerdoce.

 

Simiane ( pas encore Simiane-Collongue ) comme de nombreux autres petits villages dépendant du diocèse d'Aix vivait dans l'esprit chrétien ; la religion et ses pratiques scrupuleusement observées faisaient partie du quotidien dans lequel évoluait et grandissait le jeune Jean Baptiste.

 

On a une idée de la ferveur et de la générosité des Simianais lorsqu'en 1786, par exemple, il fallut envisager l'abandon à terme de la vieille église menaçant ruine et la construction d'un nouveau lieu de culte. La décision de lancer ce chantier ne posa pas de problèmes et l'église Saint-Pierre fut édifiée en guère plus de dix ans, entièrement financée par les dons des fidèles et quelques aides des marquis de Tressemanes-Simiane.


Registre des actes de naissances, décès, mariages des années 1846 à 1852
Acte de naissance N° 13 du 23 mai 1850

 

L'an mil huit cent cinquante et le vingt trois mai à cinq heures du soir,

 

par devant nous Joseph Gazelle, adjoint au maire de la commune de Simiane, canton de Gardanne, département des Bouches-du-Rhône, remplissant les fonctions d'officier d'état civil par délégation du maire de la dite commune en date du onze septembre mil huit cent quarante huit est comparu :

 

Etienne, Honoré, Victor Penon, cordonnier âgé de vingt-neuf ans, domicilié en cette commune, lequel nous a présenté un enfant du sexe masculin, né aujourd'hui à trois heures du matin dans sa maison d'habitation sise dans cette commune, de lui déclarant et de Catherine Dagnan son épouse, sans profession, âgée de vingt-cinq ans, domiciliée en cette commune, auquel il a été donné les noms de Jean Baptiste, Etienne, Honoré Victor Penon.

 

Les dites déclaration et présentation faites en présence des sieurs : Ferdinand Bremondy, cultivateur âgé de trente-trois ans, et Joseph Penon, aussi cultivateur, âgé de cin-quante huit ans, oncle du déclarant, tous les deux domiciliés en cette commune, témoins choisis par le père qui a signé avec nous mais les témoins ont dit ne le savoir faire étant illettrés, après lecture faite.

 

J. Gazelle e. Penon

 

 

 

Un enfant qui promet

 

Arriva bien vite le moment où Jean Baptiste brisa le cocon familial pour se mesurer à l'école semi-publique où il ne fut pas dépaysé en en franchissant le seuil car, de ce temps, l'école était le prolongement naturel des traditions familiales ; le « maître » d'alors, qui considérait souvent son état comme une vocation, instruire les jeunes intelligences, remarqua vite cet écolier dont la soif d'apprendre et la capacité d'écoute étaient exceptionnelles, d'autant plus que, a contrario de ses camarades fils de cultivateurs, à la scolarité décousue par les absences répétées dues aux travaux des champs, Jean Baptiste a pu suivre sans interruption ses premières classes à Simiane ; à la fin du parcours de cet enseignement primaire il désigna Jean Baptiste et sa famille à l'attention d'un séminariste du canton. de sa connaissance, qui s'essayait, pendant les vacances, au rôle difficile de recruteur de sacerdoce en lui disant :

 

- Il y a, là, un enfant qui promet.

 

Simiane ayant donné à Jean Baptiste tout ce qu'elle était en mesure de lui offrir, c'est tout naturellement à Aix-en-Provence, qui ne possédait pas encore de lycée public, au collège catholique, qu'il fit, interne, toutes ses études secondaires et passa brillamment son baccalauréat de lettres classiques et philosophie en 1867 ; un de ses professeurs aurait voulu, devant déjà l'étendue des connaissances et le goût littéraire si sûr de son élève, l'aiguiller vers la faculté de lettres. Il ne faut pas oublier qu'à cette époque le « bac » n'était pas, comme de nos jours, le seul sésame pour entrer en facultés. Il fallait être présenté avec un bon dossier devant un jury mixte, par ceux qui vous avaient mené au diplôme. Tous n'étaient pas admis.

 

Première messe à Simiane

 

A cette proposition alléchante accompagnée de perspectives brillantes, notre professeur s'entendit répondre, tout étonné :

 

- Non, merci, je veux simplement être prêtre !

 

Ainsi fut fait, la route était tracée. Le 8 juin 1873, après le petit séminaire et le grand séminaire, les études théologiques menées de pair avec des études supérieures de Lettres et d'Histoire, Jean Baptiste Penon fut ordonné prêtre à la cathédrale Saint-Sauveur, à Aix-en-Provence, par Mgr Chalandon.

 

Quelques jours plus tard, devant sa famille et une bonne partie de la population du village, il célébra sa première messe dans cette église de Simiane où il avait été baptisé et reçu sa première communion.

 

L'enseignant

 

A la fin du 19e siècle, Aix est encore une grande métropole catholique mais où l'archevêché commence à s'inquiéter des effets de la lutte anti-cléricale menée par Jules Ferry, chantre de la «laïcité gratuite et obligatoire» visant à arracher l'enseignement à l'emprise des églises en général et de l'église catholique en particulier. Contrairement à ses espérances, dès son ordination, lui qui désirait être envoyé sur le terrain, dans une paroisse en attente d'un pasteur, est affecté au Petit séminaire où il professera jusqu'en 1878, date à laquelle il en prend la direction ; on le retrouve en 1883 à la faculté de Théologie dont il occupe la chaire d'Histoire et d'Humanités et aussi à la direction des publications du diocèse ; il n'est âgé que de 33 ans, ce qui, à l'époque et dans ce diocèse, ne s'était jamais vu.

 

Légitimiste

 

Jean Baptiste Penon s'était fait remarquer très tôt pour ses opinions légitimistes et son attachement au respect des relations Etat-clergé définies par le pis-aller du Concordat de 1801. Sa grande culture classique, ses compétences pédagogiques reconnues, ses talents d'orateur, de négociateur et ses prises de position connues lui valurent d'être appelé rapidement à la questure de l'archevêché qui essayait de s'entourer de ses éléments le mieux à même de l'aider à résister aux attaques des gouvernements républicains qui se succédaient avec le même objectif : lutter contre « le péril clérical ».

 

Jean Baptiste sera installé ensuite vicaire de la paroisse du Saint-Esprit (actuellement Saint-Jérôme) jusqu'en 1890 où, choisi comme vicaire général par Mgr Gouthe-Soulard, archevêque d'Aix, que la presse appelait « l'archevêque martyr », depuis sa condamnation par les tribunaux pour son manque de discrétion dans ses attaques contre la République, malgré l'encyclique du pape Léon XIII demandant aux catholiques français d'accepter la Constitution.

 

Il occupa cette fonction pendant une dizaine d'années, considéré comme le fils spirituel de cet archevêque hors du commun et, en 1900, fut vicaire capitulaire pendant la vacance du siège, après la mort de Mgr Gouthe-Soulard. Le nouvel archevêque, Mgr Bonnefoy, proposa à la signature du ministère la nomination de son vicaire capitulaire comme vicaire général. Mais le gouvernement radical conduit par Waldeck Rousseau, au fait des opinions et des positions de J.B. Penon refusa d'accepter et d'officialiser cette nomination.

 

Touché par cette mesure politique prise à son encontre, celui-ci demande à son archevêque de le libérer de ses fonctions à la direction du diocèse et de l'envoyer au plus près de ses ouailles, dans une modeste paroisse " pour avoir des âmes à sauver ".

 

Curé à Fuveau…

 

Le 22 septembre 1901, il est nommé à quelques lieues de son village natal, recteur (curé) de la paroisse de Fuveau, dont il prend possession le jour de la fête patronale, la Saint Michel, le 29 septembre, acclamé par une assistance nombreuse dans une église brillamment décorée et bondée de paroissiens tout étonnés et aussi inquiets d'avoir comme pasteur un prêtre aussi éminent, " …les hommes remplissant le devant de la grande nef et toute la nef latérale du midi. Le sanctuaire était occupé par l'orphéon, en arrière était le cœur des jeunes filles qui, accompagnées par un brillant orchestre, allait exécuter une superbe messe en musique ". Inquiétude vite dissipée lorsque leur nouveau curé s'adresse à eux dans leur langue provençale.

 

Pendant plus de trois ans, jusqu'en 1904, J. B. Penon exerçe son zèle pastoral à Fuveau avec un dévoue-ment de tous les jours et de toutes les heures, étant toujours de cœur avec ses paroissiens, prenant part à leurs joies, s'associant à leurs deuils, veillant à l'éducation et à l'ensei-gnement des enfants.

 

...doyen à Saint-Rémy...

 

En 1904, la paroisse importante de Saint-Rémy-en-Provence perd son pasteur et c'est Jean Baptiste qui en est nommé doyen, le 29 juillet, intronisé par les archiprêtres d'Arles, d'Aix et de Tarascon qui le conduisent selon la liturgie de l'installation, à l'autel, aux fonts baptismaux, au tribunal de la pénitence, à la chaire, à la stalle curiale, avant de le présenter à ses nouveaux paroissiens auxquels il s'adresse en ces termes :

 

" Je sens la responsabilité de vos âmes, je sens la grandeur des fonctions pastorales.

 

En arrivant à Fuveau, j'avais compris mieux que jamais le prix des âmes, j'avais donné ma vie à ma chère famille de Fuveau que je n'oublierai jamais, j'avais visité tous mes paroissiens, je m'étais assis à tous les foyers, car il faut qu'il y ait entre un prêtre et ses fidèles l'affection qui unit un père à ses enfants. Ce que j'ai fait à Fuveau, je veux le faire ici et je désire le faire mieux encore. Je vous apporte toute mon âme, à tous sans exception ".

 

Si son esprit nourri pendant de longues années des cultures latine et grecque vivait à l'aise dans les sphères littéraires, son âme soutenait une vie où la prière et les pratiques de piété ne perdaient jamais leur droit et venaient conforter son dévouement.

 

En marge de ses occupations pastorales, il s'occupe encore d'enseignement et, comme souvent à Fuveau, il le fait à Saint-Rémy : le presbytère toujours ouvert se transforme souvent tard le soir, en école chrétienne. Il se dévoue dans sa nouvelle paroisse pendant deux ans, jusqu'en 1906, date à laquelle une nouvelle nomination le ramène dans le giron de l'archevêché d'Aix-en-Provence secoué par les applications de la loi sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat, qui l'installe curé doyen à la tête d'une des plus importantes paroisses d'Aix-en-Provence, Sainte-Madeleine, qu'il dirige jusqu'en 1911.

 

Dans ces trois paroisses, Fuveau, Saint-Rémy et Sainte-Madeleine, chacun de ses départs est un déchirement pour ses paroissiens et ses vicaires qui le vénèrent, objet d'une popularité fondée sur la seule estime ; dans les deux premières on regrettait ce pasteur né en terre provençale, parlant la langue ancestrale qui pouvait et savait en toutes circonstances les entendre et leur parler dans le patois du pays d'Aix ; à Sainte-Madeleine, il a été l'idole de ses curés et profondément vénéré des paroissiens depuis les plus pauvres jusqu'aux plus distingués, subjugués par la facilité de son approche, sa piété, son écoute et ses talents d'orateur qui remplissaient l'immense église aux grands prêches de Carême.

 

...enfin évêque à Moulins

 

En mai 1911, le chef de l'Eglise, le pape Pie X, qui depuis longtemps connait les dons éminents de l'esprit et du cœur de Jean Baptiste Penon, son immense culture, sa grande piété, son activité débordante, qui l'a déjà reçu à deux reprises au Vatican, le nomme par bulle pontificale, au siège épiscopal de Moulins. Jean Baptiste est alors âgé de 61 ans.

 

La cérémonie du sacre du nouvel évêque se déroule à Aix-en-Provence en la cathédrale Saint-Sauveur, le 27 juin 1911.

 

Les effets de la loi de Séparation de décembre 1905 sont encore très présents, dissolvant les liens qui régissaient et unissaient jusque-là l'Eglise et l'Etat. Par exemple, les processions dans Aix furent interdites par la municipalité socialiste précédente (1902-1908). L'actuelle a cette occasion déroge et autorise un court cortège épiscopal ; l'ancien archevêché étant désaffecté et la nouvelle résidence trop lointaine, c'est à proximité, à l'hôtel de Saporta mis à la disposition de l'archevêché par son propriétaire, Me Revol, avoué, que le clergé de la cathédrale vient chercher, selon le rite de cette cérémonie, l'archevêque Mgr Bonnefoy et J. B. Penon, les évêques de Fréjus, d'Arras, de Montpellier, de Digne, de Marseille, abbés et chanoines qui y ont été accueillis pour revêtir leurs vêtements sacerdotaux.

 

Aix-en-Provence

 

A l'extérieur, la foule acclame les évêques et notamment Mgr Penon et l'archevêque d'Aix. Le cortège remonte la rue Gaston-de-Saporta, noire de monde, ainsi que la place de l'archevêché et les abords de la cathédrale, entre dans l'église, prenant place dans le chœur au son des grandes orgues jouant des fragments du Messie de Haendel.

 

Au-dessus de l'autel, en lettres d'or, est inscrite la devise du nouvel évêque : Parate viam Domini, et l'abside est décoré d'oriflammes et de cartouches aux armes du pape, de l'archevêque d'Aix et de Mgr Penon, la cérémonie du sacre se déroule dans le haut chœur occupé par les vicaires généraux du diocèse de Moulins.

 

La bulle de nomination est lue par le chancelier de l'archevêché puis, Mgr Bonnefoy, prélat consécrateur portant le pallium ( ornement sacerdotal) fait subir l'interrogatoire de foi et de doctrine à l'élu qu'assistent ses deux parrains, dom Godeffroy Madeleine, ami intime de Jean Baptiste, abbé du monastère de Saint-Michel de Frigolet, venu spécialement de Belgique où les moines prémontrés avaient été accueillis après leur expulsion de France, en 1903, et la spoliation de l'abbaye, et Mgr Lobbedey ancien évêque de Moulins ; ensuite Mgr Penon, revêtu de ses ornements, concélébre avec l'archevêque la messe spéciale du sacre pendant que les orgues accompagnent la maîtrise dans un programme déroulant un Kyrie et un Sanctus de Palestrina, diverses pages du Messie et l'Oratorio de Haendel.

 

La messe achevée, le nouvel élu, impressionné, donne à la foule sa première bénédiction solennelle faisant le tour de l'église en bénissant les fidèles; c'est à Joséphine Françoise sa sœur, très émue elle aussi, qu'il réserva sa première bénédiction individuelle et le premier baise-main, mettant plus d'une demi-heure pour faire le tour de la cathédrale, tout le monde voulant l'approcher, faire bénir un enfant, baiser son anneau, sa croix pectorale. Croix qui avait appartenu à son ancien mentor, Mgr Gouthe-Soulard, qui lui en avait fait don, prémonition, avant de mourir, croix qui ne l'a plus jamais quitté, l'emportant dans sa dernière demeure à Simiane.

 

Retournant dans le chœur, à trois reprises, le nouvel évêque adresse le vœu de longue vie ad multos annos au prélat qui vient de lui conférer ses nouvelles fonctions.

 

A ce souhait filial, Mgr Bonnefoy répond par une accolade prolongée, suivie par celles de ses deux parrains. La cérémonie du matin est terminée, c'est la sortie de la cathédrale et le retour à l'hôtel de Saporta au travers d'une foule compacte acclamant le nouvel évêque de Moulins et l'archevêque d'Aix.

 

Prêtres de terrain

 

Les journaux spécialisés de l'époque, estiment que près de quatre cents prêtres " de terrain ", principalement du Sud de la France ont assisté de leur propre chef à cet événement, soulignant que cette présence importante était le résultat des années brillantes d'enseignement prodiguées dans un contexte politique difficile par Jean Baptiste Penon, tant au Grand séminaire qu'à la faculté de Théologie, enseignement qui a marqué les esprits de ceux qui ont tenu à rendre hommage à celui qui fut leur professeur, leur guide et, souvent, leur confesseur.

 

C'est à l'école du Sacré-Cœur que Mgr Penon reçoit à déjeuner les 350 prélats et prêtres invités officiels à la cérémonie. Avant ce repas, le nouvel évêque se fait présenter par son vicaire général Nény les prêtres du diocèse de Moulins, arrivés la veille et, qu'il n'avait pu encore rencontrer.

 

A la fin du repas, c'est l'instant des toasts et vont prendre successivement la parole Mgr Bonnefoy, archevêque d'Aix, Mgr Lobbedey, ancien évêque de Moulins, le vicaire général Nény du diocése de Moulins. Ils retracent le parcours, les différentes étapes de la vie et les diverses fonctions du nouvel évêque qui, prenant la parole en dernier, sans discours écrit et sans notes, selon son habitude, les remercie dans un discours d'une haute tenue, faisant ses adieux à son cher diocèse d'origine qu'il va quitter sans l'abandonner, évoquant aussi celui qui va le recevoir et qui lui donne déjà tant de marques de sympathie ; il parle d'abondance, tour à tour ému, familier ou grave, les phrases coulant avec une facilité simple qui indique sa très grande habitude de la parole, égrenant la litanie touchante et sincère de tous ceux, présents ou disparus, dont la vie fut mêlée à la sienne.

 

A l'œuvre, à Moulins

 

L'après-midi, c'est à Sainte-Marie-Madeleine, la paroisse qu'il va quitter, que Mgr Penon reçoit de Mgr de Cabrières, en chaire, le dernier hommage de ses pairs, et officie la liturgie des vêpres et le salut au très Saint-Sacrement, avec un dernier défilé processionnel à travers l'église.

 

La journée du sacre est finie. Jean Baptiste Penon tourne la page de 60 années de vie provençale au service du diocèse d'Aix pour se mettre promptement à l'œuvre dans son nouveau diocèse de Moulins.

 

Dès sa première lettre pastorale le ton de son action est donné. Quelques phrases de son épître sur la jeunesse sont toujours d'une brûlante actualité :

 

« ... En dépit de tous les progrès, en raison même de ces victoires sur la matière, qui rendent l'âme plus avide et creusent plus profond l'abîme de ses désirs, il faut à cette âme immortelle du divin et de l'éternel. Les déclamations sur l'idéal, qui remplissent tant de vains discours, comme les désespoirs trop réels qui multiplient la folie et les actes insensés, ne sont que le cri inconscient et souvent tragique de cette soif dévorante et inassouvie. A l'œuvre donc, vous qui avez la foi dans votre cœur, pères et mères, maîtres et maîtresses de nos écoles, directeurs et directrices de nos maisons de jeunes, bénévoles de nos œuvres de charité, sachez pour amener et retenir la jeunesse, donner sans mesure votre temps et votre cœur... »

 

Malade, il démissionne

 

Mgr J. B. Penon fera sa rentrée dans la cathédrale de Moulins le 18 juillet 1911 et restera à la tête de ce diocèse jusqu'à ce que, malade, estimant ne plus avoir les moyens physiques d'assurer la pérennité de ses tâches, dans sa lettre pastorale du 24 juin 1926, le jour de sa fête patronymique, il annonce à ses diocésains sa démission du siège de Moulins et sa translation à l'évêché titulaire de Cuses ; dans cette même lettre pastorale, la dernière, il exhortera ces mêmes diocésains à achever ce qui fut l'un des principaux chantiers de son épiscopat à Moulins, la construction de son Grand Séminaire; il y donne par ailleurs des détails sur son lieu de retraite.

 

Mon projet de retraite, qui ne put se réaliser alors pour cette abbaye diocèse d'Albi, me parut, quelques mois plus tard réalisable pour une autre abbaye, non moins chère à mon cœur... celle des Prémontrés, à Saint-Michel-de- Frigolet, à l'extrémité du diocèse d'Aix, à quelques kilomètres d'Avignon.

 

J'écrivis au révérendissime Père Abbé, mon ami intime depuis longtemps et, le 21 juillet 1925, j'ai reçu sa réponse affirmative. J'ai aussi l'assentiment de Mgr l'Archevêque d'Aix. Je puis donc aller occuper de nombreuses pièces, avec chapelle spéciale, dans la partie du monastère qui est en dehors de la clôture.

 

Mais un prêtre ou un évêque peut communiquer facilement avec la partie cloîtrée. J'ai habité cette partie du monastère, plus d'une fois, pendant mes fonctions de vicaire général d'Aix. C'est là que je vais me retirer, avec mon entourage de famille, à la grande satisfaction, à la fois de Mgr l'Archevêque d'Aix et de Mgr l'Archevêque d'Avignon, non loin du tombeau de sainte Marthe de Tarascon, dont j'ai été, pendant onze ans, l'archidiacre.

 

J'espère donc finir mes jours là, dans un milieu monastique, qui me rappellera mes deux chères abbayes de Notre-Dame de la Trappe de Sept-Fons et de l'abbaye bénédictine du Reray. J'y serai au confluent des deux provinces ecclésiastiques d'Aix et d'Avignon, dont les deux métropoles et la plupart de leurs suffragants, sont mes amis personnels. A tous, je pourrai peut-être rendre, le cas échéant, quelques services, si Dieu me maintient, quelques années encore, assez de force... »
 

 

Repères chronologiques

 

- 1850           Naissance à Simiane
- 1856-1862   Enseignement primaire à l'école publique de Simiane sanctionné par une attestation
                    de capacités à poursuivre dans le secondaire. (Le certificat d'études national ne sera mis
                    en place qu'en   1874).
- 1862-1867   Enseignement secondaire au collège catholique d'Aix-en-Provence, sanctionné par un
                    baccalauréat en lettres et philosophie.
- 1867-1870   Etudes de lettres classiques et d'histoire, menées de pair à la faculté de Théologie avec des
                    études de philosophie et de rhétorique
- 1870-1873   Etudes poursuivies au Grand séminaire, sanctionnées par une licence en humanités (latin-
                    grec) et un doctorat en rhétorique.
- 1873, 8 juin Ordination de Jean Baptiste Penon à Aix-en-Provence
- 1873-1878   Professeur au Petit séminaire
- 1878-1882   Directeur du Petit séminaire
- 1883-          Professeur à la faculté de théologie à la chaire d'histoire et d'humanités
- 1885-1890   Vicaire de la paroisse du Saint-Esprit (actuellement Saint-Jérome)
- 1890-1901   Vicaire général du diocèse d'Aix en Provence - Arles
- 1901-1904   Curé de la paroisse de Fuveau
- 1904-1906   Doyen de la paroisse de Saint Rémy de Provence
- 1906-1911   Curé de la paroisse de Sainte Marie Madeleine à Aix-en-Provence
- 1911-1926   Evêque de Moulins Allier
- 1926-1929   Retraite dans l'abbaye de Saint-Michel-de-Frigolet, chez les Prémontrés.
- 1929           Décès de Mgr J.B. Penon, enterré dans son village natal, à Simiane
- 1932          Inauguration dans l'église Saint-Pierre de Simiane du buste et du bas relief rappelant Mgr Penon                     aux fidéles.

 

( A suivre )


© (Le Gaiardet, 1er avril 2007)

Retour en haut de page

 

RÉAGISSEZ, DONNEZ
VOTRE AVIS

PAR COURRIER

 

S.-C. A. D.
B. P. 16
 13109 SIMIANE COLLONGUE

PAR MESSAGERIE

ADHÉREZ A L'ASSOCIATION

 

Pour 2007, Télécharger
le bulletin
d'adhésion

 

  QUESTIONS  
  & OPINIONS  
 

 

( Cliquer ici)