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Politiquement  incorrect ?

Simiane Demain


 

Immigration

Déclaration de Nicolas Sarkozy

ministre de l'Intérieur

au journal de Patrick Poivre d'Arvor sur TF1 le 27 avril 2006 (extraits)
avant le débat du 2 mai à l'Assemblée nationale


Simiane-Collongue Aujourd'hui pour demain fait totalement sien le point de vue du ministre de l'Intérieur sur cette question de l'immigration, question trop longtemps négligée, baclée par les responsables concernés. Il est grand temps de prendre ce problème à bras-le-corps pour tenter de le résoudre humainement, comme le souligne d'ailleurs Nicolas Sarkozy.

Il en va de notre avenir le plus immédiat mais aussi à long terme. C'est pourquoi nous approuvons totalement les mesures qu'il préconise.


*

Il y a trois solutions

1. L'immigration zéro est impossible techniquement et on ne peut pas faire le mur Maginot autour de la France.

2. C'est de faire comme on l'a fait depuis trente ans : on subit l'immigration.

 Si c'est le paradis ce qui se passe aujourd'hui, pourquoi a-t-on des petits enfants d'immigrés, petits enfants qui sont Français et qui se sentent aujourd'hui moins Français que leurs grands-parents qui étaient étrangers ? C'est la faillite d'un système d'intégration. Pourquoi ? Parce que ne maîtrisant pas l'immigration, on ne peut pas donner sa chance à tout le monde. Pourquoi a-t-on des gens qui s'entassent dans les squats dans un pays comme le nôtre où il manque 500 000 logements ? Nous ne pouvons pas continuer comme cela.

3. Toutes les démocraties dans le monde choisissent l'immigration choisie. Nous sommes la seule qui ne le faisons pas. Or, nous sommes celle où l'extrême droite est la plus forte et où les tentations racistes ont été, ces dernières années, les plus sévères et les plus dramatiques.

Non aux régularisations massives

Je m'oppose à toutes régularisations massives telles que l'ont fait les socialistes dans le passé parce qu'à l'arrivée, quand vous régularisez massivement les gens qui sont en situation de clandestinité, vous créez un appel d'air colossal parce que dans le monde entier, on se dit : il n 'y a qu'à se précipiter en France et on aura des papiers alors même qu'on n'a ni logement ni emploi.

Je prône donc, avec le gouvernement, une politique d'immigration choisie.

Pourquoi la France serait-elle le seul pays au monde qui n'aurait pas le droit de choisir les immigrés à qui nous avons un emploi et un logement à offrir ? Ce choix, on doit le faire en accord et en coordination avec les pays d'origine. Etats-Unis, Canada, Angleterre, Allemagne, Italie, tous le font.

Il ne s'agit pas de choisir uniquement les prix Nobel mais est-ce que dans nos universités, on n'a pas aussi à choisir les meilleurs étudiants étrangers et pas simplement ceux dont on ne voudrait nulle part ailleurs ?

Choisir, par exemple, pour équilibrer entre la filière africaine, la filière de l'Europe de l'Est ou la filière de l'Asie.

Pour qu'il y ait des cohabitations harmonieuses et pour, surtout, qu'on fasse venir en France ceux pour qui nous avons un emploi et un logement. A quoi cela sert de faire venir des gens à qui vous faites croire que la France est un Eldorado, à qui nous ne pouvons offrir ni emploi ni logement ?

Le regroupement familial

Je pose une première règle de modification sur le regroupement familial. Tout le monde a le droit de faire venir sa famille. C'est un droit garanti par les textes européens. Mais pour faire venir sa famille, encore faut-il avoir les moyens de la faire vivre.

Aujourd'hui, un étranger qui veut faire venir sa famille justifie des moyens matériels dont il dispose avec les allocations familiales.

Je souhaite qu'on puisse justifier des moyens pour faire vivre sa famille avec les revenus de son travail et non pas de l'assistance. Pareil pour le logement : quand on fait venir cinq, six, sept enfants, encore faut-il avoir un appartement pour que cette famille puisse vivre dans des conditions décentes. Sinon on va retrouver des problèmes dramatiques qu'on a trouvés à Paris de squats, de ghettos, d'émeutes ici ou là parce qu'on crée à ce moment-là un sentiment communautariste.

Supprimer la prime à la clandestinité

Jean-Pierre Chevènement avait prévu une mesure tout à fait invraisemblable. Si, pendant dix ans, vous restiez dans la clandestinité et vous échappiez aux contrôles de police, en récompense, on vous donnait des papiers.

Qu'est-ce que je propose ? De supprimer cette règle automatique pour avoir une règle individu par individu, cas par cas. Les préfets pourront régulariser sans d'ailleurs attendre dix ans. Et j'ai proposé qu'une commission nationale - composée à parité par des associations et des représentants de l'administration - puisse harmoniser les régularisations faites par les préfets sur le territoire pour qu'en Bretagne et en région parisienne, ça soit les mêmes critères, et même pour faire appel d'une décision de refus. Ça me paraît humainement beaucoup plus juste parce que j'étais choqué de cette règle qui fait qu'il y a une prime à la clandestinité.

Le contrat d'intégration

Je veux que le contrat d'intégration soit obligatoire. Parce qu'un étranger qui vient en France a des droits en tant que personne humaine mais il doit avoir des devoirs. Parmi ces devoirs, il y a celui d'apprendre le français parce que qu'est-ce que ça veut dire vouloir habiter en France et ne pas apprendre le français ?

Il y a un deuxième devoir, c'est respecter la France et si possible l'aimer parce que quand on est accueilli quelque part, le premier devoir que l'on a, c'est de respecter celui qui vous accueille. Et puis considérer qu'on est dans une démocratie. Ça veut dire qu'on accepte quand il y a des caricatures dans les journaux, y compris religieuses. Ça veut dire qu'on accepte que les femmes ne soient pas voilées sur les cartes d'identité. Cela veut dire que l'on accepte que sa femme soit soignée par un médecin, même si c'est un homme. Parce que ce n'est pas la France à s'adapter à d'autres cultures ou à d'autres lois. Et le contrat d'intégration deviendra obligatoire.

J'essaye de faire les choses avec humanité, avec fermeté. Quand quelqu'un demande à venir en France, c'est une richesse pour nous. Et je dis aux Français que la diversité, ce n'est pas un risque, c'est une chance. Mais quand on demande à venir en France, le moins qu'on puisse attendre de celui qu'on accueille, c'est qu'il aime la France, c'est qu'il la respecte.

Et cette tradition maintenant, cette petite habitude qui consiste à dire qu'on défend son identité en insultant la France et en critiquant les Français, je pense que c'est une mauvaise habitude. On peut ne pas aimer la France, on peut ne pas comprendre nos lois. Dans ce cas-là, on n'est pas obligé d'être en France.

>Ce qui est choquant, pour un certain nombre de Français qui travaillent dur, c'est de considérer qu'il n'y a pas les mêmes règles pour tout le monde. Parce que la République, ce sont les mêmes règles pour tout le monde. Alors l'intégration, c'est un contrat : vous avez des droits - et ces droits seront respectés et garantis - mais vous avez également des devoirs.

Si je ne mène pas cette politique avec le gouvernement, alors il ne faudra pas se plaindre que les tentations xénophobes, que le racisme, que l'intégrisme se développent dans nos quartiers. Il ne faudra pas se plaindre qu'on ait de nouveau des événements comme en novembre. Il fallait faire quelque chose, je mesure mes responsabilités et je serai très ouvert dans le débat mais je n'irai pas au-delà d'une certaine fermeté.

J'observe d'ailleurs qu'il y a un décalage total entre ce que pensent les Français, ce qu'attendent les Français et ce que parfois je lis sur le sujet qui me semble très déconnecté des réalités.